Peinture de consommateurs en désarroi dans un supermarché

Depuis plusieurs mois — et en particulier depuis le début de l’automne —, la classe ouvrière canadienne est confrontée à des hausses de prix extraordinairement élevées qui ont pour effet de l’appauvrir et de pousser ses secteurs les plus vulnérables au bord du gouffre.

En abaissant le pouvoir d’achat de la monnaie et en augmentant le coût de leurs marchandises, les capitalistes transfèrent sur les masses le fardeau économique de la crise sanitaire — comme ils continueront à le faire de diverses manières pendant les années à venir.

Depuis le mois d’avril 2021, le taux d’inflation sur 12 mois au Canada dépasse la cible habituelle de la Banque du Canada — la banque centrale du pays chargée d’émettre la monnaie et de « réguler » le capitalisme — qui se situe entre 1 % et 3 %. En avril, l’indice des prix à la consommation affichait déjà une hausse de 3,4 %. Après avoir officiellement atteint 4,4 % en septembre, l’inflation s’est élevée à 4,7 % en octobre, soit le plus haut niveau depuis février 2003. Dans certaines provinces du pays, l’inflation observée est encore plus importante. En octobre, l’indice des prix à la consommation a par exemple affiché une hausse de 5,3 % au Québec et de 6,6 % à l’Île-du-Prince-Édouard. Les hausses de prix touchent l’ensemble des huit composantes principales de l’indice des prix à la consommation tel que calculé par Statistique Canada. Notamment, on observe des augmentations importantes pour le logement (4,8 %), l’alimentation (3,8 %) et les transports (10,1 %), éléments de base représentant à eux seuls 62,5 % des dépenses des ménages selon l’organisme national de statistique. Autrement dit, les hausses de prix frappent de plein fouet les familles prolétariennes — et en particulier celles qui ont des revenus plus faibles et qui consacrent une partie plus importante de leur budget aux achats de première nécessité.

La hausse des prix de l’énergie, catégorie incluant le chauffage en plus du transport, est particulièrement élevée, atteignant 25,5 %. Les prix du gaz naturel — principale source d’énergie utilisée par les ménages pour se chauffer en Ontario et dans les provinces de l’Ouest — ont notamment augmenté de 18,7 %.
La hausse du prix de l’essence s’élève quant à elle à 41,7 %, soit un dur coup à encaisser pour les prolétaires qui doivent emprunter leur voiture pour se rendre au travail. L’inflation a aussi des conséquences importantes sur la facture d’épicerie des travailleurs. Le prix de la viande a augmenté de 9,9 % dans l’ensemble, ce qui inclut des augmentations de 14 % pour le bœuf et de 20,2 % pour le bacon. Alors que de telles hausses de prix sont déjà catastrophiques pour un grand nombre de familles prolétariennes, il semble que Statistique Canada — qui ne collabore qu’avec trois distributeurs et qui utilise un échantillonnage très limité — sous-estime gravement l’inflation dans le secteur alimentaire. Selon le Laboratoire des sciences analytiques en agroalimentaire à l’Université Dalhousie — qui s’appuie sur des données mensuelles beaucoup plus nombreuses et variées que Statistique Canada —, le prix du beurre aurait par exemple augmenté de 35,5 % depuis janvier 2021, et non de 5 % comme l’affirme l’agence de statistique du gouvernement fédéral. Globalement, la hausse du prix des aliments se serait élevée à près de 5 % — au lieu de 3,9 % — en septembre dernier par rapport à septembre 2020. Selon une enquête réalisée dernièrement par le laboratoire, cette inflation alimentaire élevée aurait amené plus de deux canadiens sur cinq à changer leur comportement à l’épicerie et aurait forcé 49 % d’entre eux à réduire leurs achats de viande au cours des derniers mois.

Bien que ces augmentations accablent l’ensemble de la classe ouvrière, les prolétaires les plus pauvres sont évidemment les plus affectés. Déjà, au début de l’année 2021 — c’est-à-dire avant l’accélération dramatique de l’inflation à laquelle on assiste présentement —, les banques alimentaires du pays connaissaient une hausse de fréquentation fulgurante. Selon le rapport « Bilan-faim 2021 » de Banques alimentaires Canada dévoilé en octobre dernier, les banques alimentaires auraient reçu 1,3 millions de visites au cours du mois de mars 2021 seulement, soit une augmentation de 20,3 % depuis 2019 — la plus importante depuis la crise économique de 2008. Un foyer canadien sur huit aurait eu recours aux banques alimentaires au cours de la dernière année. Selon le rapport, la hausse rapide du prix des aliments a été la principale raison citée pour expliquer le recours aux banques alimentaires. Au Québec, le nombre de personnes ayant un emploi et devant tout de même recourir aux paniers de provisions pour se nourrir aurait quant à lui augmenté de 40 % depuis 2019.

Malgré l’inquiétude et la détresse grandissantes des travailleurs canadiens devant l’augmentation effrénée du coût de la vie, les autorités étatiques ne semblent avoir aucune volonté de s’attaquer au problème. Après avoir tenté de rassurer les masses en déclarant, au mois de juillet dernier, que l’accélération de l’inflation était « temporaire », n’étant causée que par des déséquilibres passagers entre l’offre et la demande liés à la réouverture de l’économie, la Banque du Canada changeait son discours à la fin du mois d’octobre en admettant que les « principales forces qui font monter les prix » étaient « plus puissantes et persistantes qu’on le pensait ». Alors qu’elle affirmait, en juillet dernier, que l’inflation resterait « au-dessus de 3 % » d’ici la fin de l’année avant de « revenir vers 2 % en 2022 », la banque centrale disait maintenant s’attendre à ce que l’inflation atteigne « près de 5 % à la fin de l’année » avant de redescendre vers la cible de 2 % « à la fin de 2022 » seulement. Quelques jours plus tard, Tiff Macklem, le gouverneur de l’institution, se moquait ni plus ni moins du peuple en déclarant que la poussée inflationniste actuelle serait « transitoire mais pas de courte durée » !

Le gouvernement fédéral ne semble pas davantage intéressé à freiner la hausse du coût de la vie dont souffrent présentement les masses. Pire encore, il vient de supprimer les principales mesures d’aide aux travailleurs liées à la pandémie qui étaient encore en place. En effet, le 23 octobre dernier, la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE), qui bénéficiait encore à 880 000 prestataires dont de nombreux prolétaires à faibles revenus, a été froidement abolie avec seulement deux jours d’avis, et ce, malgré le fait que plusieurs secteurs économiques comme la restauration et le tourisme ne fonctionnent pas encore à pleine capacité. Cette abolition faisait suite au remplacement du régime d’assurance-emploi spécial mis en place l’an dernier par un régime plus sévère et moins généreux faisant notamment passer les prestations minimum de 500 $ à 300 $ par semaine et exigeant désormais d’avoir travaillé 420 heures au lieu de 120 pour pouvoir se qualifier.

On doit aussi mentionner les fausses mesures d’aide à la population présentées par le gouvernement provincial du Québec lors de la mise à jour économique du ministre Éric Girard le 25 novembre. Comme principal moyen de s’attaquer à la hausse du coût de la vie, le gouvernement enverra un chèque unique de 400 $ aux ménages dont le revenu n’a pas dépassé 56 000 $ au cours de l’année (ce qui revient au modeste revenu de 28 000 $ par membre du couple…) ainsi qu’un chèque de 275 $ aux personnes seules ayant gagné moins de 51 000 $. Outre le fait que cette mesure bonbon exclut un très grand nombre de travailleurs qui sont également affectés par l’inflation — elle bénéficierait en effet à seulement 3,3 millions de personnes sur une population de 8,5 millions —, les montants offerts sont bien loin de compenser les pertes financières subies par le prolétariat en raison des hausses de prix. Par exemple, selon le Rapport sur les prix alimentaires canadiens publié en décembre 2020, une inflation alimentaire de 5 % en 2021 équivaut à une augmentation de 695 $ de la facture d’épicerie d’une famille avec deux adolescents par rapport à l’année précédente. Et rappelons que cela ne représente qu’un seul élément de l’inflation globale ! Pour un ménage effectuant des dépenses courantes de 58 200 $ par année — comme le faisaient en moyenne les ménages québécois en 2019 selon l’Enquête sur les dépenses des ménages de Statistique Canada —, un taux d’inflation de 5,3 % représente des dépenses supplémentaires de 3 085 dollars pour une année… Bref, le « cadeau » du gouvernement de la CAQ est une véritable insulte aux prolétaires québécois.

Une arme économique de la bourgeoisie pour
renforcer l’exploitation du prolétariat

En vérité, si les dirigeants du pays ne semblent pas en mesure de stopper l’inflation, c’est parce que ce sont eux, avec l’ensemble de la classe capitaliste qu’ils représentent, qui en sont responsables et qui en profitent. En effet, l’inflation n’affecte pas l’ensemble de la nation de la même manière comme le laissent entendre les commentateurs bourgeois : elle fait nécessairement des gagnants et des perdants. En fait, l’inflation est l’un des moyens dont se sert couramment la bourgeoisie pour redistribuer vers elle les revenus de la classe ouvrière et pour faire retomber les dépenses de l’État bourgeois sur le dos des masses laborieuses.

Notamment, l’inflation permet aux capitalistes de couper les salaires réels des travailleurs sans avoir à faire baisser leur salaire nominal. En effet, bien qu’ils augmentent les prix de leurs marchandises en même temps que la monnaie se déprécie, les capitalistes ne font pas la même chose avec les salaires des ouvriers. Même si leurs dépenses en capital constant (moyens de production, matières premières, etc.) s’accroissent avec la hausse généralisée des prix, le fait de continuer à payer la force de travail au même prix — ou encore à un prix s’élevant moins rapidement que l’inflation générale — permet alors aux capitalistes d’augmenter leur taux de profit. Les travailleurs, de leur côté, doivent lutter simplement pour conserver le même niveau de vie qu’avant. Mais les augmentations salariales réclamées apparaissent alors aux yeux des capitalistes comme des coût supplémentaires qui affecteraient négativement leurs profits. C’est ce qu’on observe présentement au Canada. Selon l’enquête annuelle sur les prévisions salariales menée par la firme LifeWorks, l’augmentation des salaires de base des employés canadiens non syndiqués s’est élevée à 2,2 % en moyenne en 2021, alors que le taux d’inflation sur 12 mois observé en octobre était de 4,7 %. Pour l’année 2022, les employeurs prévoient augmenter les salaires de base de 2,5 % en moyenne seulement malgré l’augmentation du coût de la vie.

Il ne faudrait cependant pas déduire de ce qui précède que l’inflation est le fruit des augmentations de prix décidées arbitrairement par l’ensemble des capitalistes individuels. En réalité, l’inflation a des causes plus profondes : elle constitue une nécessité du mode de production capitaliste à son stade historique actuel. De manière générale, l’inflation est la conséquence de l’intervention de l’État bourgeois dans l’économie, et plus précisément de l’émission excessive de monnaie servant, avec l’extension du crédit, à financer les dépenses colossales des gouvernements et à stimuler « artificiellement » la circulation du capital. Cette intervention de l’État bourgeois est elle-même nécessaire pour assurer la poursuite de l’accumulation capitaliste à son stade actuel caractérisé par une surabondance de moyens de production par rapport aux besoins de rentabilité du capital et par la stagnation prononcée de l’activité productive qui en découle. Afin de « doper » une économie anémique, les États bourgeois sont obligés d’aider le capital en faisant des investissements massifs : subventions directes aux entreprises privées, dépenses militaires et « sécuritaires », dépenses d’infrastructures, dépenses « sociales » pour assurer la reproduction de la force de travail, etc. Or, étant donné que leurs dépenses sont supérieures à leurs revenus, les États bourgeois se financent en empruntant sur les marchés financiers — à travers d’énormes déficits budgétaires — et en « faisant marcher la planche à billets », c’est-à-dire en créant de l’argent à partir de rien. En générant ainsi une masse monétaire supérieure à la grandeur de la production réelle, les États conduisent la monnaie à se déprécier. En effet, étant donné qu’une plus grande quantité d’argent circule tandis que la somme de marchandises demeure la même, il faut désormais une plus grande quantité de monnaie pour exprimer la même somme de valeur, c’est-à-dire la même quantité de travail social (l’argent n’ayant pas de valeur propre car n’étant rien d’autre qu’un signe monétaire garanti par l’État bourgeois). Les entreprises capitalistes ont alors la marge de manœuvre pour hausser leurs prix et pour absorber les sommes d’argent excédentaires. Les dépenses de l’État bourgeois finissent ainsi par être payées indirectement par les travailleurs qui se font voler leurs revenus par l’ensemble de la classe capitaliste.

C’est parce que l’inflation est inhérente au processus d’accumulation du capital au stade de développement actuel de la production que les économies capitalistes sont marquées depuis le début du 20e siècle — c’est-à-dire depuis le début du stade impérialiste du capitalisme — par une inflation permanente. Reconnaissant cette dernière comme une nécessité, les États bourgeois appliquent d’ailleurs une politique visant à maintenir intentionnellement, notamment à travers la création monétaire et la manipulation du taux d’intérêt, un certain niveau permanent d’inflation (un taux se situant autour de 2 % étant généralement considéré « sain pour l’économie »).

Le taux d’inflation est cependant loin d’être demeuré stable depuis le début du 20e siècle. Étant directement liée aux dépenses et aux déficits budgétaires des États capitalistes, l’inflation a notamment connu des pics lors des périodes de guerre impérialiste — les dépenses effectuées par les gouvernements lors des deux guerres mondiales ayant par exemple amené les taux d’inflation nationaux à des sommets vertigineux. C’est à un phénomène du même ordre qu’on assiste présentement au Canada — ainsi que dans les autres pays impérialistes comme les États-Unis qui sont également aux prises avec des taux d’inflation particulièrement élevés en ce moment. Les économistes et les commentateurs bourgeois affirment que les hausses de prix actuelles seraient liées, d’une part, à la perturbation des chaînes d’approvisionnement sur le marché mondial causée par la pandémie, qui générerait un déséquilibre entre l’offre et la demande, et d’autre part, à la montée des prix du pétrole. Si ces facteurs — qui sont aussi causés par les contradictions du capitalisme — jouent certainement un rôle dans le présent gonflement de l’inflation, il est tout de même curieux de constater qu’on ne parle pas du tout, ou presque, des dépenses pharaoniques effectuées par les États bourgeois pour préserver l’accumulation du capital dans le contexte de la pandémie, et surtout, des sommes d’argent vertigineuses — se chiffrant en milliers de milliards de dollars à l’échelle mondiale — qui ont été émises par les banques centrales des divers pays pour financer ces dépenses. Comme on le voit, il est plus facile pour les dirigeants des États bourgeois d’attirer l’attention sur des causes extérieures sur lesquelles ils ne semblent pas avoir de contrôle (comme les aléas du marché mondial) que d’admettre qu’ils sont eux-mêmes responsables de la souffrance vécue par les masses.

En vérité, il est impossible que la création monétaire excessive à laquelle s’adonnent les États capitalistes depuis le début de la pandémie n’ait pas eu un impact décisif sur la hausse généralisée des prix (contrairement, par exemple, aux rapports entre l’offre et la demande dont l’impact est forcément limité et partiel). Au Canada, le gouvernement fédéral estime avoir dépensé 289 milliards de dollars jusqu’à maintenant en mesures spéciales de « soutien direct au revenu et aux entreprises » depuis le début de la pandémie. Ces dépenses gigantesques ont généré un déficit monstrueux de 354,2 milliards de dollars en 2020-2021, soit le déficit fédéral le plus élevé en termes de pourcentage du PIB depuis la Seconde Guerre mondiale (les déficits générés entre 1942 et 1945 se situaient entre 17 % et 22 % du PIB, comparativement à 16,1 % pour le déficit de 2020-2021). Cette année, le déficit fédéral s’est établi à 154,7 milliards de dollars, élevant le montant de la dette nationale à 1 233,8 milliards de dollars. Voyant le gouvernement dépenser sans compter, beaucoup de travailleurs se sont demandés d’où provenait tout cet argent. Eh bien, on l’a tout simplement « imprimé ». En effet, entre le début de la crise et l’automne 2021, la Banque du Canada s’est adonnée à des achats massifs de bons du Trésor et d’obligations du gouvernement fédéral — au rythme de 5 milliards de dollars d’obligations par semaine en 2020 — afin de financer les dépenses gouvernementales et d’injecter des liquidités dans l’économie. Or, lorsque la Banque du Canada achète des titres de la dette publique, que ce soit sur le marché « primaire » ou sur le marché « secondaire » auprès d’investisseurs privés, elle le fait avec de l’argent qui n’existait pas avant en opérant une simple écriture comptable. Entre le 31 mars et la fin du moins de juin 2020 seulement, plus de 220 milliards avaient déjà été injectés par la Banque du Canada de cette manière. Il faut également mentionner l’abaissement du taux d’intérêt directeur de l’institution à 0,25 % ayant eu pour effet de faciliter l’accès au crédit, de stimuler les emprunts et de soutenir les dépenses du gouvernement.

En somme, au lieu d’utiliser les immenses richesses accumulées par la bourgeoisie au fil des années à travers l’exploitation du prolétariat et de se servir rationnellement des ressources matérielles déjà contenues dans la société pour permettre aux masses de faire face à la pandémie, l’État a créé « virtuellement » de l’argent et a eu recours à l’endettement massif pour soutenir le capitalisme. En accroissant la masse monétaire à un rythme plus élevé que la production réelle, l’État bourgeois a généré une montée inflationniste, ce qui revient, au bout du compte, à avoir rejeté le coût de la crise sur les masses laborieuses.

Alors que plusieurs idéologues et porte-paroles patronaux se sont plaints tout au long de la pandémie de la trop grande « générosité » du gouvernement envers les travailleurs, on constate que l’État bourgeois ne leur a en fait rien donné : il les a simplement empêchés de sombrer d’un seul coup dans la déchéance complète, et ce, dans le seul but de permettre à la circulation du capital de continuer en maintenant la consommation globale à un niveau minimal. La bourgeoisie reprend désormais les miettes qu’elles a distribuées aux masses, appauvrissant les prolétaires à petit feu par toutes sortes de moyens. L’inflation en est un. Plus tard, lorsque le taux d’intérêt directeur de la banque centrale sera relevé, les taux d’intérêt sur les prêts hypothécaires et les prêts personnels suivront, permettant aux banques privées d’augmenter leurs prélèvements auprès des prolétaires endettés. Le relèvement des taux directeurs obligera également les gouvernements à verser un rendement d’intérêt plus élevé aux capitalistes qui leur prêtent de l’argent, ce qui les conduira forcément à assainir leurs budgets et à couper dans les services destinés aux masses. Sur toute la ligne, le prolétariat sera perdant.

Il faut par ailleurs souligner qu’une grande partie des dépenses gouvernementales ayant alimenté l’inflation ont servi à injecter de l’argent directement dans les coffres des entreprises. Par exemple, la subvention salariale d’urgence — mesure servant à soutenir les profits des capitalistes en payant une partie de la force de travail qu’ils exploitent — a coûté 97 milliards de dollars au gouvernement fédéral entre le début de la pandémie et le mois de novembre dernier. À titre de comparaison, la fameuse prestation canadienne d’urgence (PCU), dont ont bénéficié des millions de travailleurs, a représenté une dépense de 74,08 milliards de dollars. La politique de soutien au capital menée par le gouvernement fédéral et la Banque du Canada semble d’ailleurs avoir fonctionné, lorsqu’on sait que les milliardaires canadiens, à eux seuls, ont vu leur fortune combinée augmenter de 78 milliards de dollars durant la première année de la pandémie.

Les dépenses excessives, l’émission démesurée de monnaie et l’endettement débridé des gouvernements ne servent qu’à engraisser une minorité de bourgeois et à stimuler artificiellement un système économique parasitaire et pourrissant. Ce sont toujours les masses laborieuses qui paient le prix de ce gaspillage éhonté de richesses. Contre un tel système, le prolétariat doit se révolter et faire la révolution.

Bâtissons le nouveau parti communiste de la classe ouvrière canadienne