Montage de seringues de vaccination sur un fond jaune

Malgré que le vaccin devait représenter la porte de sortie à la crise sanitaire et sociale qui sévit depuis plus d’un an et demi, la pandémie de COVID-19 s’éternise en raison du chaos impérialiste et de la faillite des systèmes sanitaires pilotés par la bourgeoisie.

L’incapacité à vacciner rapidement toute la population mondiale entraîne depuis plusieurs mois l’apparition de nouveaux variants plus dangereux et plus résistants aux vaccins. La concurrence que se livrent les compagnies pharmaceutiques et les pays empêche la dissémination rapide et efficace des meilleures connaissances en infectiologie-immunologie, ralentit la production des vaccins et freine leur distribution.

Plus encore, l’obstination des capitalistes à tout faire rouler comme avant entraîne depuis le début de la pandémie des relâchements hâtifs des mesures sanitaires, ce qui contribue à la transmission du virus mortel. Par exemple, au Québec, les réouvertures précipitées à la fin du printemps dernier, avant que la vaccination — par ailleurs trop lente — ne soit complétée, sont en cause dans la montée fulgurante des cas de contamination au variant Delta. À présent, on renvoie les enfants à l’école primaire, sachant que la présence en classe des élèves a été l’un des principaux vecteurs de transmission lors des vagues de contamination précédentes. Cette décision n’est rien de moins qu’un saut dans le vide sans parachute dans un contexte où un nouveau variant plus contagieux et dangereux se propage, car les enfants de moins de 12 ans n’ont pas encore eu accès à la vaccination. Sans surprise, moins d’un mois après la rentrée, les enfants de moins de 10 ans affichaient le taux de propagation le plus élevé au Québec selon l’INSPQ. Sans même parler de ceux dont l’état de santé se détériore au point d’exiger une hospitalisation ou des soins intensifs, une proportion importante d’enfants infectés développent l’incapacitante COVID longue. Une récente étude israélienne a démontré que plus de 11 % des enfants contaminés conserveraient des symptômes invalidants (fatigue, essoufflement, maux de tête, pertes cognitives, etc.) pendant des semaines, voire des mois après leur infection. Mais pressé de renvoyer les parents au travail, l’État n’a pas voulu reporter de quelques semaines la rentrée scolaire en personne. Pire encore, les investissements et les travaux nécessaires pour améliorer la qualité de l’air dans les écoles n’ont même pas été faits.

Toutes ces aberrations surviennent sans nous surprendre : la bourgeoisie continue, comme depuis le début de la crise, à laisser le virus se répandre dans la population. Outre les conséquences directes pour les personnes affectées par le virus, on prend le risque de faire émerger d’autres variants encore plus dangereux qui pourraient replonger la société dans une situation catastrophique. Depuis bien avant le décret de l’état d’urgence au Québec comme dans la plupart des pays impérialistes, les gouvernements conjuguent négligence avec minimisation du danger. Tout ce qui motive les représentants de la bourgeoisie, c’est de faire rouler l’économie dans l’intérêt de la classe dominante. Au Royaume-Uni, où l’on dénombre plus de 100 morts par jour en moyenne depuis la fin août, un membre du comité scientifique aviseur qui conseille le gouvernement a récemment déclaré que 30000 morts par année, c’est acceptable. Des propos pareils glacent le sang. Au Québec, pour une population d’environ 8 millions d’habitants, les décès liés à la COVID-19 depuis le début de la pandémie étaient au nombre de 11347 en date du 23 septembre dernier.

Les élus et les bourgeois blâment les personnes non vaccinées pour la persistance et la recrudescence de la pandémie. Certes, il est hautement imprudent pour soi comme pour autrui de ne pas se faire vacciner. Mais il faut garder à l’esprit que ce sont surtout les autorités bourgeoises qui sont responsables de la gestion déficiente et laxiste de la pandémie et donc, de son maintien et de sa remontée. Aussi, la bourgeoisie a grandement miné la confiance des masses en ayant, depuis le début de la pandémie, menti ou caché des informations importantes à la population. Par exemple, elle a nié pendant des semaines l’importance scientifiquement admise de porter un masque, elle a défendu publiquement la stratégie meurtrière et inefficace de «l’immunité naturelle collective», elle refuse encore à ce jour d’admettre que le virus se transmet principalement dans l’air ambiant, etc.

En plus d’avoir attisé la méfiance et semé la confusion dans la population, la bourgeoisie est coupable de ne pas avoir mené de campagnes éducatives, scientifiques, exhaustives et cohérentes. Ces défaillances ont laissé le champ libre aux courants anti-vaccins et anti-mesures sanitaires pour se développer et faire de plus en plus d’adeptes. On constate également que les gouvernements tardent à imposer la vaccination obligatoire dans tous les milieux de travail, ce qui a précipité le déferlement d’une quatrième vague.

Les courants réactionnaires ont dominé la scène politique et médiatique quant à l’opposition aux mesures des gouvernements. Cela a donné l’impression que s’opposer au gouvernement, c’était s’opposer aux vraies mesures sanitaires. Par conséquent, cela a renforcé l’autorité morale de la bourgeoisie. Mais malgré tout ce brouhaha, la vraie opposition prolétarienne à la gestion bourgeoise de la pandémie de COVID-19 existe : elle réclame non pas moins, mais plus de protection et elle dénonce la négligence des capitalistes. Au Québec et dans le reste du Canada, souvenons-nous par exemple des ouvriers des abattoirs ou encore des préposées aux bénéficiaires et des infirmières qui ont manifesté et protesté contre le je-m’en-foutisme de leurs employeurs.

Ailleurs dans le monde, il y a eu des mouvements populaires importants qui doivent être connus et encouragés. Pour n’en nommer que quelques uns, très tôt dans la pandémie, on a assisté à des grèves et des actions des travailleuses de la santé en Inde, au Pérou et en France; des élèves, des parents et des enseignants en Grèce. On a vu des manifestations et des émeutes populaires en Serbie, en Israël, ou encore en Espagne pour dénoncer les manquements de la gestion de la crise. Plus récemment, en juillet 2021, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté contre la gestion criminelle de la pandémie au Brésil, gestion pilotée par le gouvernement de Jair Bolsonaro et des hauts-fonctionnaires corrompus à l’os. Plus encore, en août 2021, des centaines de personnes ont pris la rue à Bangkok et ont fait les frais de la répression policière pour exiger une meilleure gestion de l’épidémie de COVID-19 en Thaïlande.

Il faudra continuer à s’insurger et à exiger que la santé des travailleurs du monde entier soit prise en compte. La pandémie de COVID-19 n’est pas finie : elle se prolonge dans le temps en raison de la négligence des impérialistes qui ne voient qu’à leur portefeuille. On a joué au yo-yo avec le déconfinement ; on a raté l’administration rapide et universelle des meilleurs vaccins. Ce sont les prolétaires et les plus vulnérables sur la planète qui continueront de payer le dur prix de ce désastre sanitaire. Cela nous rappelle que notre combat pour mettre le prolétariat au pouvoir est plus que nécessaire !

Bâtissons le nouveau parti communiste de la classe ouvrière canadienne