Ouvrier tirant une usine par une chaîne

Le 28 mai dernier marquait les 100 ans de la fondation du Parti communiste du Canada. Sauf rares exceptions, cet anniversaire n’a pas fait l’objet de grandes mentions dans les médias de la bourgeoisie.

Et ceux qui en ont parlé l’ont fait de manière simplement anecdotique, se gardant bien de souligner l’importance de cette réalisation pour la classe ouvrière canadienne. Bien que ce qui reste aujourd’hui de ce parti n’ait plus de «communiste» que le nom, la création et l’activité du PCC, pour la période s’étendant de sa fondation jusqu’à la Seconde Guerre mondiale dans les années 1940, doivent être chéries et célébrées par les révolutionnaires d’aujourd’hui.

La création du PCC fut le résultat de la montée et de l’affirmation politique de la classe ouvrière canadienne, de l’influence de la révolution d’Octobre victorieuse en Russie ainsi que de la misère engendrée par la Première Guerre mondiale. Deux ans après l’historique grève générale de Winnipeg en 1919, dont l’écho s’est fait entendre dans tous les centres industriels du pays, la classe ouvrière disposait enfin d’un parti entièrement voué à la lutte pour réaliser le pouvoir ouvrier au Canada. Les 25 années qui ont suivi la création du parti ont été riches en batailles et en enseignements pour les révolutionnaires ouvriers. Croissance spectaculaire du parti, organisation dans les milieux de travail, maturation politique et clarifications de ses orientations et objectifs, résistance âpre à la répression et à son interdiction : le PCC a multiplié les initiatives et ses militants ont rédigé plusieurs des plus belles pages de l’histoire du mouvement ouvrier canadien.

Dans un contexte où les enjeux étaient à la fois complexes et élevés et où le mouvement communiste était en progression et combattait à la fois le fascisme, l’exploitation capitaliste et la domination impérialiste partout dans le monde, le PC canadien a été traversé par de nombreux débats et a opéré plusieurs tournants. Ces débats, au fond, se rattachaient à peu près tous à la question la plus fondamentale pour tout parti communiste, à savoir comment conquérir le pouvoir, renverser celui de la bourgeoisie et assurer à la classe ouvrière la direction de la société.

C’est à cette question qu’une bonne partie du mouvement communiste a été incapable de répondre correctement quand le socialisme a été défait en URSS après la mort de Staline. Les partis qui ont suivi aveuglément les orientations des dirigeants révisionnistes soviétiques ont alors épousé la thèse du «passage pacifique au socialisme» et choisi d’inscrire toute leur activité politique dans une stratégie de réaménagement et non de destruction du capitalisme et de l’État bourgeois.

Ici au Canada, les dirigeants du Parti communiste avaient déjà commencé à emprunter cette voie, dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, sous l’influence leurs homologues états-uniens. Depuis, le PC canadien est toujours resté fidèle à cette stratégie vouée à l’échec, qui envisage la mise en place du socialisme par des réformes graduelles, dans le cadre de la société bourgeoise, qui pourront être réalisées par l’élection de quelques députés communistes. Trente ans après la disparition de l’Union soviétique, le PC canadien maintient le cap sur cette stratégie réformiste, désormais agrémentée de quelques thèmes soi-disant «radicaux» du postmodernisme à la mode, tout en se faisant le défenseur de la nouvelle puissance impérialiste chinoise montante que nos révisionnistes s’entêtent à présenter comme un pays«socialiste».

En dépit de cette trahison, la création du Parti communiste du Canada, son histoire et ses luttes démontrent la possibilité et la capacité de la classe ouvrière de se doter de l’instrument dont elle a absolument besoin pour conquérir le pouvoir, construire le socialisme et diriger la société jusqu’au communisme et la fin de la société de classes. C’est à la réalisation de cette tâche qu’œuvrent aujourd’hui les partisans du Parti communiste révolutionnaire du Canada.

Bâtissons le nouveau parti communiste de la classe ouvrière canadienne