Ligne d'ouvriers en lock-out devant Bridor

Les 316 ouvriers de l’usine Bridor à Boucherville sont en lock-out depuis le 25 avril dernier. Affiliés à la Fédération du Commerce (FC-CSN), ils s’étaient dotés d’un mandat pour une grève de 72 heures. Le vote, fort de 98 %, visait à stimuler la négociation qui piétinait après une vingtaine de séances à la table des négos depuis avril 2021. Mais voilà qu’une heure après le déclenchement de la levée de travail, l’employeur a riposté sournoisement par un lock-out. Le lendemain, le syndicat faisait adopter la grève générale illimitée dans une proportion de 99 %.

La convention des ouvriers de cette usine de Bridor est échue depuis le 31 décembre 2020. Les travailleurs réclament des hausses de salaire et la réduction de la surcharge de travail se caractérisant par des heures de travail supplémentaires à l’horaire. Le 18 mai dernier, un rassemblement en appui à ces ouvriers de la fabrication et de la transformation de produits alimentaires a eu lieu devant l’entreprise à Boucherville.

Bridor est une entreprise française qui se spécialise dans la fabrication des viennoiseries et des pains surgelés. Elle possède des usines de production en France, au Québec, aux États-Unis, en Chine et en Argentine et exporte ses produits dans plus de 90 pays. Selon l’étude de marché « Global Fresh Baked Products Market 2018–2025 », Bridor est au 15e rang des principaux acteurs du marché mondial des produits de boulangerie « frais » avec, en 2017, un chiffre d’affaires de 625 millions d’euros. Son nom figure aux côtés d’autres géants tels que Krispy Kreme, Dunkin Donuts et Tim Hortons. Bridor est une filiale du Groupe Le Duff qui, depuis les années 1980, a fait l’acquisition de plusieurs enseignes de restaurants, de boulangeries, de cafés et de traiteurs aux États-Unis, en Allemagne, en Corée, au Japon, etc. Le Groupe Le Duff a enregistré un chiffre d’affaires de 2,05 milliards d’euros en 2019 alors qu’il n’était « que » de 600 millions en 2005. 59 % de son activité est industrielle, la balance se situant dans la restauration (1 550 commerces dans une centaine de pays). En tout, le Groupe Le Duff exploite environ 30 000 travailleurs à travers le monde. L’internationalisation de la production Le Duff a débuté à Montréal 1986, mais n’a cessé de prendre de l’expansion depuis. C’est donc dire que la lutte des travailleurs de Boucherville est comme celle entre David et Goliath.

Comme bien des capitalistes, ceux de Bridor cherchent à réduire le nombre de travailleurs qu’ils emploient tout en augmentant la charge de travail des ouvriers restants et en maintenant leurs salaires à un bas niveau. Augmenter la durée pendant laquelle les travailleurs sont exploités, faire produire davantage de plus-value à un nombre plus restreint d’ouvriers, ce sont des mécanismes inhérents au capitalisme lui-même. Pour abolir ces tendances, il faudra transformer entièrement les rapports de production et révolutionner l’économie !

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