La bourgeoisie cherche, par tous les moyens légaux et illégaux, à casser les reins des travailleurs en lutte pour des conditions de travail plus décentes. Intransigeance, refus de négocier, recours à des scabs, surveillance, menaces, intimidation : les attaques des capitalistes envers la classe ouvrière sont décomplexées et les derniers mois nous en donnent encore un bon aperçu. Par ses manœuvres anti-syndicales et anti-ouvrières, la bourgeoisie est responsable de la prolongation des conflits de travail. Mais les prolétaires n’entendent pas baisser les bras et persévèrent dans leurs revendications légitimes.

Le 7 octobre, nous apprenions que le lock-out long de 16 mois prenait fin à la cimenterie Ash Grove à Joliette. Heureusement, au terme d’une lutte de tous les instants, les travailleurs, syndiqués auprès d’Unifor-FTQ, ont adopté un nouveau contrat de travail comprenant une augmentation de salaire de 7,5% à la ratification, une augmentation de 3,5% à la deuxième année, et un ajustement à l’augmentation de l’indice des prix à la consommation à la troisième année.

À quelques kilomètres de la cimenterie, les travailleurs de la Coop Lanaudière BMR-Novago (anciennement Profid’or) spécialisés dans la vente-conseil de produits agricoles et dans les services de quincaillerie, sont toujours en grève. Leur conflit de travail avait débuté lors d’une grève discontinue sur douze jours en août et septembre 2021, puis s’est développé en grève générale illimitée le 30 septembre 2021 en raison de l’obstination du groupe Sollio propriétaire. Cela fait donc plus d’un an que les 25 employés syndiqués depuis près d’un demi-siècle avec la CSN débrayent avec ténacité.

Le 25 mars dernier, le Tribunal administratif du travail reconnaissait le recours illégal de BMR-Novago à six briseurs de grève dont certains étaient dissimulés par le télétravail, ce qui a contribué au prolongement du conflit de travail, l’employeur ne se retrouvant pas aussi pénalisé par l’arrêt de travail qu’il ne devait l’être, et donc, ne ressentant plus l’urgence de parvenir à une entente avec les travailleurs.

La coop cherche depuis des mois à imposer des baisses salariales scandaleuses de 14% à 29% dans une offre qualifiée de finale. Cela signifierait, pour certains employés, un taux horaire passant de 22$ à 15$. Pourtant, pendant la pandémie, les profits de l’entreprise ont plus que doublé, passant de 79,4 M$ en 2019 à 201 M$ en 2020.

Les mesures de BMR-Novago ont été qualifiées de « disgracieuses » par le syndicat : réductions de temps de travail punitives de 30 minutes, annulation de périodes de vacances, en plus de reculs au niveau du régime de retraite, des vacances, des congés de maladie, des jours fériés et de la stabilité des horaires de travail.

Devant de telles attaques, les grévistes du Hilton de Québec sont même venus prêter main-forte aux camarades de Joliette le 17 février 2022 afin de les encourager à tenir le coup. À leur tour, les piqueteurs de BMR-Novago sont allés manifester dans Lanaudière devant les succursales de Saint-Lin-Laurentides et l’Assomption afin de solliciter l’appui de leurs homologues et de sensibiliser la population aux implications de leur conflit de travail qui s’étire.

Le 22 juillet, l’on apprenait que les 62 employés du Maxi Lac-Mégantic entamaient une grève après avoir rejeté à 95% l’offre finale de leur employeur Loblaw comprenant des augmentations de 2% à 2,25% sur des salaires horaires oscillant entre 14,48$ et 16,31$. Il est à noter que les six membres les mieux payés de la haute direction de Loblaw se sont partagé à eux seuls, l’an dernier, la juteuse somme de 26,92 M$. La grand patron de la compagnie, Galen G. Weston, a vu sa rémunération grimper de près de 2 M$ en 2021 pour atteindre 5,4 M$, soit une augmentation de près de 58,8%.

Sans parler de l’effroyable écart qui réside entre ce qu’empochent les bourgeois et les miettes laissées aux travailleurs du Maxi de Mégantic, l’écart salarial entre ces derniers et leurs homologues des autres Maxi du Québec se trouve autour de 11% et peut aller jusqu’à 19%. Cette disparité de traitement démontre combien la classe dominante cherche par tous les moyens à siphonner les travailleurs. En fait, dès qu’elle en a la possibilité, elle prend impunément le peu qu’ils ont, quitte à ce que l’arbitraire et l’injustice sautent aux yeux.

Rappelons que pour le premier trimestre de l’année 2022, la bannière Loblaw annonçait une hausse de profits de 40% et la succursale de Lac-Mégantic s’affichait comme étant des plus rentables. Malgré leurs affaires en or, les dirigeants du Maxi se sont autorisés à retirer sans préavis une prime horaire de 0,80$ sur la paie du 28 juillet couvrant les 4 derniers jours de travail avant le déclenchement de la grève. Ces représailles au débrayage étaient d’autant plus choquantes que cette prime était au cœur des négociations en cours. En effet, l’employeur voulait la rayer de la prochaine convention pour compenser sa participation au régime de retraite.

Pour la CSD, le syndicat qui représente ces travailleurs d’épicerie, la grève pourrait durer encore longtemps. Déjà, certains travailleurs sont contraints de se trouver un nouvel emploi. Mais avec l’appui dont ils ont besoin, les syndiqués persévéreront dans leur combat, comme les ouvriers de la cimenterie de Joliette ou de BMR-Novago. Ce combat, c’est aussi celui de toute une classe exploitée qui voit sans cesse ses acquis menacés et qui les défend avec courage.

La lutte contre l’exploitation est bien vivante! Il n’en tient qu’à nous de développer la lutte politique pour que la classe ouvrière mette fin au capitalisme en prenant enfin le pouvoir!

Bâtissons le nouveau parti communiste de la classe ouvrière canadienne